La biodiversité agricole : le lien nécessaire à l’Environnement de nos territoires ruraux

 

L’Agriculture biologique et le Climat 

Après un peu plus d’un an passé sur le terrain en agriculture biologique à prendre en compte un nouveau métier, éleveur de vaches allaitantes bio, j’ai eu la chance de continuer une activité parallèle de conseils grâce à laquelle, j’ai utilisé les travaux de l’Institut de l’Elevage pour une mission. Cet enrichissement et mon quotidien d’éleveur m’ont fait découvrir tout d’abord le travail fait par les équipes de l’IDELE sur les indicateurs de la biodiversité à l’échelle d’un territoire et d’une ferme. Ils m’ont permis aussi de relativiser mon expérience de terrain au quotidien. Ceci a été une opportunité pour m’enrichir avec les travaux du CNRS sur la fonte du Pergilisol, https://lejournal.cnrs.fr/articles/pergelisol-le-piege-climatique

Là s’arrête le plaisir et commence une prise de conscience aigüe teintée d’inquiétude. Je cite l’introduction de l’article cité ci-dessus qui est sans ambiguïté :

« Typique des régions arctiques, le pergélisol, le sol gelé depuis des milliers d’années, dégèle peu à peu sous l’effet du réchauffement climatique. Ce faisant, il libère de puissants gaz à effet de serre  ‘CNRS Le journal’ s’est rendu au Nunavik, dans l’Arctique canadien, pour mieux comprendre ce phénomène largement sous-estimé par les modèles climatiques. »

 L’article est en date du 31.08.2016. L’un des enseignements de cet article est simple ;

‘ « Si la totalité du carbone emprisonné dans le pergélisol venait à être relâchée, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le réchauffement climatique »,explique Florent Dominé, qui évoque une augmentation de 5 à 8 °C de la température d’ici à 2100, quand le pire scénario du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)2 se situe aujourd’hui à 4 °C, faute de prendre encore en compte ces processus complexes, mis au jour récemment »’.Cet article m’a remis en mémoire un lien envoyé par un ancien collègue qui présente une conférence d’un homme aussi brillant qu’accessible au parcours remarquable, je vous laisse le découvrir sur le lien suivant. C’est passionnant et résume tout de ce que notre attitude devrait être et qu’elle n’est pas complétement :La Transition écologique, un projet de société, par Gaël Giraud. Source : http://www.universcience.tv/video-la-...

En résumant, il faut un projet de société impulsé par l’état, devant réussir avant la fin du siècle présent, afin de canaliser le réchauffement climatique. On commence par où ?. Il faut d’après notre interlocuteur 3 conditions sur un territoire ;

  • ·        D’excellents ingénieurs
  • ·        Un territoire relativement riche- la transition ça coûte… un bras même deux..
  • ·        Une population éduquée capable de mettre en œuvre les changements demandés.

Lorsque l’on lie ces 3 conditions ; il y a, toujours d’après Gaël Giraud, 2 endroits dans le monde ou c’est faisable maintenant ; au Japon et / ou en Europe de l’Ouest… chez nous.

Autre information nous n’arriverons pas à +2 °C de limitation du réchauffement climatique, donc le GIEC explique et donne comme nouvel objectif de ne pas dépasser les 5 °C. Au-delà de + 5°C, en 2100, notre interlocuteur, aux convictions religieuses affirmées, nous explique que l’apocalypse décrite dans la bible, pour nous élever spirituellement, n’est plus à prendre au sens allégorique, mais littéral. Mais nous sommes rassurés ; en 2050 à 9 milliard de personne sur terre avec une hausse de 3°C on n’a plus assez de terre pour nourrir tout le monde…d’après les ingénieurs agronomes !!

J’arrête là, mais c’était me semble-t-il nécessaire, afin de replacer les enjeux qui se dessinent et aussi les légitimer… Et actuellement, comme nous le savons tous maintenant, on va dans le mur en sifflant.

Alors comment à notre échelle, participer encore plus à contrer cette évolution… Eh bien, déjà sur l’exploitation -http://hardouin.gandi.ws/ - en continuant ce que nous faisons, on absorbe 52 tonnes équivalent CO2/ an pour la collectivité, après avoir compensé la totalité de notre production de tonnes eq CO2/an, notre biodiversité est exemplaire (122 ha de surfaces développées (SDE) pour 47 ha de SAU, avec 3 éléments d’infrastructures agro-écologique au-dessus des 5% de la totalité de la SDE), l’eau à hauteur de 400 000 m3 par an est restituée au milieu naturel sans pollution avec 97 à 98 % de rétention…Ce qui peut être intéressant en cas d’inondation. Entre décembre 2017 et janvier 2018, 400 mm d’eau en 2 mois… faites le calcul.

Point sur la biodiversité miroir des compartiments de l’environnement.

 « Ne laissons pas la biodiversité isolée »

Notre société a eu la chance d’être sollicitée par une start up dynamique agricole afin de faire un groupe de travail pour créer un indicateur sur la biodiversité. Le cahier des charges était simple dans son énoncé… l’indicateur devait être industrialisable et lisible à l’échelle d’une ferme. Résultat, nous avons trouvé un modèle mathématique qui met en relation à l’échelle d’une ferme, la biodiversité, l’activité agricole et son environnement.

Pour faire simple, plus la biodiversité est importante, plus l’environnement est protégé et donc aussi l’attractivité d’une collectivité…pas d’inondation ou moins importante notamment. Comment imaginer qu’une zone industrielle inondée ne soit pas soumise à des surtaxes des assureurs ?

Si nous avons validé mathématiquement notre démarche, nous avons besoin de tester ce modèle par zone climatique en France. Nous cherchons actuellement, des territoires pour valider définitivement ce modèle. En fait, nous l’avons compris, il serait peut être intéressant de lier, ou de corréler la biodiversité, sans doute ceci permettrait-il aussi de la faire mieux accepter.

Notons que développer des prairies permanentes et temporaires favorables à la biodiversité donnera aussi une capacité à produire de l’eau potable. Beaucoup de personnes ont l’exemple de Munich en tête (qui n’est pas transposable partout..) l’eau produite à partir de nappes phréatiques recouvertes de 6000 hectares eux-mêmes exploités via des modes d’agricultures bio, Demeter, ou de l’agroforesterie. Dans ce cas les agriculteurs sont soutenus par la municipalité à hauteur de plusieurs centaines d’€ par hectares et par an. C’est justifié.. la différence de coût de production est de 26 centimes d’€ par m3 entre Munich et la moyenne française. Ce n’est pas à prendre aux pieds de la lettre mais ceci indique une direction à explorer.

En conclusion, nous pensons que les collectivités rurales pourraient utiliser des outils experts prospectifs globaux qui relient les différents secteurs de l’eau, du solde de production de carbone, de la capacité de la rétention d’eau ... à la biodiversité.

Ceci permettrait de contribuer à ;

  •    Anticiper les évolutions climatiques
  • Arbitrer sur les budgets et les stratégies d’aménagement du territoire
  • Evaluer les politiques de terrain à postériori
  • Structurer le débat avec l’état et la région pour les bilans carbones.

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Alain